BENY LE BROWNIES : ENTRE FOOT, SKATE, RAP ET RUMBA

Fils de Kadiasiko Kindoki ancien joueur du FC Zurich et musicien (rumba congolaise), Beny commence l’écriture en sous-marin dans sa chambre du centre de formation d’Évian Thonon Gaillard, à ce moment-là, il a 15 ans. Après s’être fait virer de l’ETG à 18 ans, cet Annécien se lance à 100% dans la musique. En deux ans, il se fait un nom et commence à bien tourner. Sa recette ? L’authenticité. Le gars ne fait pas comme tout le monde et ça paye.

 

Sur la toile, on retrouve le boug en personne parlant de son art : « ma musique est lente, jamais à cheval sur la technicité. Les rappeurs en général ne comprennent pas qu’il faut vibrer en adéquation avec l’instrumental plutôt que de s’asseoir dessus. » Une phrase qui résume bien sa façon d’être quand la prod se lance. Effectivement, à l’instar d’Oxmo PuccinoDoc Gynéco ou plus récemment Makala, il use d’une certaine nonchalance et d’un flow lent. Un style risqué, qui le mène parfois même hors temps. Il réussit cependant à maintenir une musicalité dans ces morceaux, en maitrisant l’ambiance. Un exercice de style difficile qui donne du crédit quand il est assumé et bien exécuté. Vu son ascension ces derniers temps, on devine que c’est le cas. Tant de particularité qui le démarque de ses adversaires, des restes du football visiblement.

 

Le 17 novembre 2014, Beny sortait son premier EP : « PRE DORA » (toujours dispo en téléchargement gratuit ici). Un EP aux sonorités Mc Solardiennes dans lequel se trouve un bijou : Molarre Trash. Avec ce son, Beny dépasse actuellement les 100 000 vues, totalement logique quant à la qualité de ce track. Une prod très précise et plus que réussie signée Lucas Oprv qui jongle avec cette boucle de piano qui transporte, le tout couplé à un flow mélancolique avec lequel Beny le Brownies semble très à l’aise. Dans l’ensemble cet EP est réussi et lui permet d’entrevoir un bel avenir selon la plupart des observateurs. Il y a 1 mois environ, le 22 décembre 2016, il dégaine son deuxième projet : « Pepito Deviendra Grand ». Une mixtape plus actuelle avec un délire plus trap, en témoigne le son « Hola Hola », très réussis et doté d’une sombre ambiance comme on aime. Il s’essaye également à un style plus reggae sur le morceau « Bougman » significatif de la richesse de son univers musical. 

 

Son collectif ? Francis Trash. Avec Luni Sacks (que l’on retrouvera sur la Mixture Artichaut Records de février), ils font briller l’équipe depuis plusieurs mois. Représentatif du talent des lascars, ce track enregistré il y a 2 ans : Francis Trash dans le bendo. La prod est signée Beny le Brownies, le mec touche a tout, avec succès. À l’image de Josman, les kickeur de province prennent leur place et ont tendance à sortir de certains clichés, avec une facette authentique qui se ressent dans l’écriture. Influencé par Earl SweatshirtDespo RuttiDoc GynécoThe NeptunesSerge Gainsbourg ou Oxmo Puccino il sera un jour cité comme influenceur de la prochaine génération, c’est tout ce qu’on lui souhaite.

 

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