OXMO PUCCINO: COULISSES DE L’ÉCOUTE DE SON PROCHAIN ALBUM

Artichaut a eu le privilège d’assister à l’écoute du prochain opus d’Oxmo Puccino, « La nuit du réveil ». Le projet de 15 titres s’annonce coloré, truffé d’expérimentations rythmiques, poétique et sauvage. Le tout scandé par une voix enrobée de miel et de cuivre.

C’est à deux pas de la station de métro parisienne Jacques Bonsergent que les intéressé(e)s avaient rendez-vous. Le maître des lettres parisien, de son vrai nom Abdoulaye Diarra, bienveillant et grand sourire, a retrouvé des curieux, des fans, ses « flowers » comme il les appelle à la terrasse d’un café juché sur une petite place à l’abri des grandes foules. Quelques rafraîchissements sont servis sous la chaleur du mois de juillet avant que l’ancien membre de Time Bomb commence la présentation de ses morceaux. 

 

 

A notre (belle) surprise, la voix d’Orelsan commence à s’échapper de la mini-enceinte Bose posée sur la table. Un feat avec le Caennais ! Les deux jongleurs de rimes évoquent le fait de « réussir sa life ». « On voulait exprimer la fierté de dire qu’on a réussi sa vie à travers des choses simples », explique le « Black Jacques Brel ». L’alchimie entre le ton railleur et malicieux du binôme de Gringe et l’univers poétique et rêveur d’Oxmo fonctionne à merveille.

 

Puis vient un autre featuring, celui avec Gaël Faye. La voix ensoleillée du rappeur franco-rwandais illumine le morceau qui sonne comme une balade. La rythmique trap tranche avec l’énergie jazz procurée par les instruments acoustiques et crée un contraste intéressant.

 

Le rappeur issu du 19e arrondissement s’attache également à dépeindre des sujets profonds. Il invite l’auditeur à ne pas se laisser submergé par le sentiment aigre du temps qui passe. Il réfléchit sur l’importance qu’ont les chiffres dans notre société: combien est-ce-que l’on vaut sur le marché de l’emploi ? 

 

 

De « Opéra Puccino » à « La Voix lactée », le rappeur franco-malien a toujours pointé des fissures dans le système social avec pour mot d’ordre, l’amour. Dans le dernier morceau qu’il présente, « Droit de chanter », il évoque l’histoire du rap sous l’angle social. Ce style musical a permis à une classe défavorisée de s’exprimer et d’accéder à l’art. Le morceau est calme, sublimé par le texte et les cuivres en arrière-plan. Nous vous laisserons sur cette ligne, « les cas sociaux sont nés des silences coloniaux ». Une phrase qui plombera votre été, plus que la canicule. 

 

Que le soleil vous garde jusqu’au 6 septembre prochain, date de sortie de « La nuit du réveil ».

 

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